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asbl
FERME DU BIEREAU
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Littérature >>
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à ma droite, des textes illustrant la philosophie des activités
de l'ASBL Ferme du Biéreau (née en 1972) et de la vie à la ferme,
génératrice et nourricière, dont elles dépendent ("La
production de l'espace", présentation
et réflexions
de pionniers, pétition
récente, appel à idées, lettres
de soutien, définition
par expérience...).
archives
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derrière
ce lien
(indissociable), les archives
des pratiques culturelles qui ont animé la ferme depuis plus
de 30 ans (outre présentation
et réflexions,
des photos
d'anciens 70s-80s, dans la
presse étudiante début 80s) // près
de 5 ans (photos
récentes, programmes,
éditoriaux) // le tout vu
aujourd'hui par la presse.
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La
production de l'espace
I,20. "Changer la vie", "changer la société", cela ne veut rien dire s'il n'y a pas production d'un espace approprié.
(...)
Texte présenté au Conseil des Résidents par la "Ferme du Biéreau"
[peu après 1974]
Avant de vous entretenir des aspects plus pratiques de nos activités socio-culturelles, nous voudrions d'abord préciser dans quel cadre
théorique ceux-ci se situent. (...)
Groupe
de travail "Aménagement Ferme du Biéreau"
(réflexions,
15 novembre 1976)
Se pose de plus en plus la question de savoir: qui va décider des affectations proposées et sur quelles bases cette décision sera-t-elle prise?
(...)
Non
à la mise à mort de la ferme du Biéreau !
(pétition
lancée en avril 2003)
Née avec Louvain-la-Neuve en 1972, l'asbl Ferme du Biéreau est l'un des derniers lieux publics de la ville à organiser des activités culturelles de proximité adressées à l'ensemble du public louvaniste
(...)
Appel
à idées
(historique
des événements récents, mai 2004)
L'ASBL Ferme du Biéreau se trouve aujourd'hui à un moment clé de son histoire. Sa survie immédiate dépend de l'issue des négociations actuellement en cours avec la Ville
(...)
voir aussi: fichier
pdf "Qui sommes-nous?" du 28 août.
Lettres
de réflexions et de soutien
(envoyées
aux autorités, septembre 2004)
N
Habitat
et espaces culturels autonomes: l'expérience de l'ASBL
Ferme du Biéreau
(document
rédigé à la suite de la rencontre aux Ateliers
Mommen à Bruxelles, septembre 2004) en
version .rtf
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Appel
à idées
[mai 2004] - voir
aussi .pdf du 28 août.
L'ASBL Ferme du Biéreau - Qui sommes nous ?
Née il y a trente ans, "l'ASBL habitante" est située dans la ferme en carré plusieurs fois centenaire au coeur du quartier du Biéreau, le plus vieux quartier de Louvain-la-Neuve. (voir http://www.fermedubiereau.be.tf). Le projet global du collectif résulte de l'articulation entre l'habitat communautaire d'un lieu exceptionnel et de la mise en place de projets tels qu'un ciné-club hebdomadaire, des concerts (musiques expérimentales et en recherche, nouvelles musiques de chambre et concerts pop-rock), l'accueil d'artistes de passage, des activités pour enfants, des ateliers, ainsi que des nombreuses collaborations et partenariats avec d'autres acteurs du secteur socio-culturel et de l'éducation permanente, de Belgique et de l'étranger.
La spécificité du projet de l'ASBL ferme du Biéreau réside dans le pari d'agencer des espaces accueillants, caractérisés par leur continuité avec la vie quotidienne , avec une programmation qui invite à la découverte et à l'appropriation de formes de création souvent conçues dans leur production et diffusion comme des produits destinés à un public cible fermé et/ou élitiste. En démystifiant les espaces de représentation et en diversifiant les usages et collaborations, l'ASBL entend favoriser les rencontres et susciter la curiosité. Cette forme de vie collective, «originale» pour certains, rend possible l'hybridation et le décloisonnement des pratiques qui sont en règle générale séparées dans les temps et les espaces urbains contemporains (habiter, travailler, participer à des projets artistiques, s'amuser, etc). Elle constitue un vecteur de transversalité permettant le brassage des usages trop schématiquement segmentés dans le quotidien de nos villes. L'habitation donne ainsi la "tonalité" à notre programmation et aux créations que nous diffusons. Elle est au coeur du déplacement que nous tentons d'opérer du couple public-consommateur / professionnels-organisateurs vers une dynamique en redéfinition permanente constituée par des usagers d'un projet culturel en mouvement.
Les habitants programmateurs ne se considèrent aucunement comme les détenteurs d'un savoir ou d'un bon goût dont il s'agirait de prêcher la bonne parole auprès d'un public à convertir. Ils se considèrent encore moins comme des "cultural managers" confirmés qui excelleraient dans la gestion la plus rentable des flux d'offre et de demande d'une clientèle culturelle avide de divertissement. Par contre, la douzaine de bénévoles de la Ferme se retrouve davantage dans les notions simples, ancestrales, mais indémodables de découverte en commun et de partage des émotions. Cette attitude implique une gestion du temps et des énergies qui privilégie la patience et la minutie du travail de longue haleine au clinquant de l'événementiel. Une temporalité où l'art et la vie s'irriguent mutuellement, plutôt que dans les seules cases horaires et dans les seules zones urbaines planifiés à cet effet.
Pourquoi un appel à idées ?
L'ASBL Ferme du Biéreau se trouve aujourd'hui à un moment clé de son histoire. Sa survie immédiate dépend de l'issue des négociations actuellement en cours avec la Ville d'Ottignies-Louvain-la-Neuve. Le contenu de ces négociations est double. En ce qui concerne le court et moyen terme, la négociation porte sur la signature d'une convention de bail pour la période précédant le démarrage des travaux de rénovation du corps de logis et des écuries, à savoir, des deux ailes de la ferme actuellement occupés par l'ASBL. Les deux autres ailes sont déjà en cours de rénovation. Elles sont destinés à la mise en place d'un centre musical d'envergure (une salle de 400 places, une deuxième de 150 et des studios d'enregistrement).
L'avenir de la cinquième partie, l'ancienne forge de la ferme, en décalage par rapport à la structure en carré, reste incertain; elle est actuellement partiellement occupée par un artiste sculpteur. Compte ténu de circonstances exceptionnelles (décès de l'architecte responsable et quasi-faillite de l'entrepreneur) l'échéance de la rénovation des espaces utilisés par l'ASBL a été considérablement retardée puisque l'obtention des subsides nécessaires dépend de la fin des phases des travaux en cours (on parle actuellement de la période 2006-2007).
En ce qui concerne la phase durant et après travaux, les négociations portent sur les modalités d'un éventuel maintient de l'ASBL Ferme du Biéreau dans les lieux à rénover (y compris durant les travaux). A ce stade, les discussions portent sur la répartition des espaces de la ferme entre l'ASBL et des projets avancés par la Ville et l'UCL -cogestionnaire de la ferme dans son ensemble- telle qu'une résidence d'écrivains et un espace de réunions pour des associations. Craignant de se trouver piégée dans une négociation qui se limiterait à raisonner en termes de mètres carrés à repartir au détriment d'une réflexion respectueuse du bâtiment, de son histoire et des acteurs qui s'approprient le lieu de manière vivante, l'ASBL a proposé à la Ville d'organiser ensemble et avec l'UCL, un appel à idées mettant en valeur des mécanismes de concertation, d'implication des usagers et de partage des compétences. La proposition a été acceptée, mais la négociation d'un cahier de charges et d'un modus operandi s'annonce assez difficile et délicate.
Historique (très) succinct du rapport de l'ASBL avec le propriétaire.
En 2000-2001 l'Université Catholique de Louvain cède la propriété de l'ensemble de la ferme à la Ville d'Ottignies-Louvain-la-Neuve pour un franc symbolique. Ce transfert s'est fait afin de permettre l'obtention des subsides nécessaire de la région wallonne et de la communauté française pour réaménager les lieux afin d'en faire un centre musical. Une fois le centre musical achevé (probablement 2006-2007) l'UCL et la Ville se retrouveront au sein d'une ASBL bi-partite gestionnaire des lieux (dite structure faîtière).
Entre temps, le bail oral avec le locataire principal et membre de l'ASBL s'est donc trouvé entre les mains de l'administration communale d'Ottignies-Louvain-la-Neuve. Très vite les rapports entre l'ASBL et le représentants du nouveau propriétaire se sont dégradés. Début avril 2002, les habitants reçoivent un recommandé de la Ville qui leur annonce la fin de leur bail pour septembre de la même année. Une prolongation de six mois est obtenue. Entre temps, les habitants prennent les conseils d'un avocat qui leur apprennent qu'en réalité leur bail oral les protège beaucoup plus qu'ils ne le pensaient. Le courrier par lequel l'avocat décline au propriétaire les droits de leur client reste sans suite et en février 2003 les habitants reçoivent un nouveau recommandé leur demandant de quitter les lieux pour le mois suivant. Une procédure juridique est alors entamée par le locataire principal en vue d'une clarification de la situation juridique.
En décembre 2003 le juge de paix donne entièrement raison à l'ASBL : le locataire est détenteur d'un bail oral classique 3-6-9 et les lettres envoyés par le propriétaire sont sans fondement. L'ASBL habitante se trouve dès lors protégée par un ce bail, mais l'échéance de la deuxième période tri-annuelle s'achève en juillet 2004, ce qui autorise le propriétaire à envoyer un renon avec six mois d'anticipation par rapport à cette échéance.
Fidèle à sa volonté de prendre le contrôle du lieu, la Ville envoie un nouveau renon à la mi-janvier 2004. Entre temps, des pourparlers ont permis à la Ville et à l'ASBL de se mettre enfin autour d'une table (depuis trois ans l'ASBL demandait une rencontre sans succès) et de discuter de l'après juillet 2004. C'est lors de cette rencontre (2 avril 2004) que les propositions d'un bail pour la phase précédant la rénovation des lieux et celle de l'organisation d'un appel à idées ont été mises sur la table par l'ASBL.
Les semaines qui viennent seront déterminantes. Une proposition de convention devrait parvenir très prochainement à l'ASBL et faire l'objet de négociations. Le contenu de cette proposition nous apprendra si la voie du dialogue et du compromis reste viable...
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La
production de l'espace
I,20. "Changer la vie", "changer la société", cela ne veut rien dire s'il n'y a pas production d'un espace approprié.
Des constructivistes soviétiques, entre 1920 et 1930, et leur échec, persiste cet enseignement: à rapports sociaux nouveaux,
espace neuf et réciproquement. Cette proposition, impliquée dans la proposition fondamentale, méritera un long développement. "Changer la
vie!" Venue des poètes et des philosophes, formulée comme utopie négative, cette idée tombe depuis peu dans le domaine public, c'est à dire politique. Elle se répand en se dégradant: en mots d'ordre politiques. "Vivre
mieux..." "Vivre autrement"
"La qualité de la vie..." "Le cadre de vie..." De là, on passe naturellement aux pollutions,
au respect de la nature, à "l'environnement". Et le tour est joué: escamotées, la pression du marché mondial, la transformation du monde,
la production d'un nouvel espace. L'idée retombe dans l'idéalité, alors qu'il s'agit d'amener au jour, graduellement ou par bonds, une pratique spatiale différente.
Tant que persistera la quotidienneté dans l'espace abstrait avec ses contraintes très concrètes, tant qu'il n'y aura que des améliorations techniques de détail (horaires des transports, vitesse, confort relatif), tant que les espaces (de travail, de loisir, d'habitation) resteront disjoints et rejoints seulement par l'instance politique et son contrôle, le projet de "changer la vie" restera un slogan
politique, tantôt abandonné, tantôt repris.
Henri Lefebvre, la production de l'espace (1974)
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